Botryosphaeriaceae Theiss.& P. Syd. 1918


Dépérissement à Botryosphaeria (1)

 

Les champignons appartenant à la famille des Botryosphaeriaceae sont très cosmopolites et polyphages ; ils sont rapportés partout dans le monde, notamment sur divers hôtes ligneux et dans des niches écologiques très variées. Il sont signalés aussi sur vigne dans de nombreux pays de plusieurs  zones de production : Bolivie,  Brésil, Chili, Mexique, Amérique du nord Canada, Etats-Unis, Chine, Australie, Nouvelle Zélande, Egypte, Liban, Espagne, Italie, Portugal, Hongrie, Afrique du sud…

 
Plusieurs espèces appartenant à cette famille botanique (longtemps regroupées sous le nom d'espèce Sphaeropsis malorum) sont responsables de symptômes variés sur vigne. Leur incidence sur cette plante a longtemps été méconnue faute d'études spécifiques, études plutôt réservées à l'eutypiose ou l'esca. Les premières descriptions de leur parasitisme sur vigne ont eu lieu à partir des années 1970 et leur statut parasitaire est maintenant bien démontré sur  le cep. Actuellement, 21 espèces, dont les anamorphes sont réparties dans 7 genres fongiques, sont considérées comme pathogènes sur cette plante.

Des études réalisées dans plusieurs zones de production dans le monde montrent que plusieurs espèces peuvent sévir dans un même pays, voire dans un même vignoble. Par exemple, en Australie 8 espèces ont été mises en évidence, leur prévalence variant en fonction de la géographie et du climat. Il en est de même en France où une étude récente a permis de mettre en évidence au moins 7 espèces appartenant à des genres différents : Spencermatinsia, Neofusiccocum, Botryosphaeria, Diplodia, Lasiodiplodia.

Par contre, le pouvoir pathogène sur vigne des Botryosphaeriaceae semble fluctuer en fonction des espèces. Trois classes de virulence ont été définies pour le moment sur cette plante : les espèces les plus virulentes (Lasiodiplodia spp. et Neofusicoccum spp.), les modérément virulentes (B. dothidea et Diplodia spp.), les faiblement virulentes (Dothiorella spp. et S. viticola).

Ajoutons que ces champignons ont des comportements de types endophyte ou de pathogène latent reconnus chez de nombreuses espèces ligneuses. Ces statuts comportementaux ont été étudiés chez la vigne et un certain nombre d'espèces fongiques ont été isolées de tissus dépourvus de tout symptôme (L. theobromae, D. seratiaD. mutilaN. parvum). Ces premières études doivent être complétées, ainsi que celles définissant les conditions qui influencent le passage de l'état latent au parasitisme, comme par exemple les stress hydriques : facteur pouvant favoriser l'expression des symptômes du bois.


(1) Etant donné la diversité des symptômes provoqués par les Botryosphaeriaceae sur vigne, il a été récemment proposé l'appellation "Dépérissement à Botryosphaeria" (Botryosphaeria dieback) pour qualifier les  problématiques phytosanitaires dans lesquelles ces champignons sont impliqués.
(2) Le "Black dead arm"  est une maladie qui fut décrite pour la première fois en Hongrie en 1974, se caractérisant  par une bande brune à noire située dans le bois du xylème, et associée à la présence de Diplodia mutila (nommé à l'époque Sphaeropsis malorum). Cette appellation "Black dead arm" fut utilisée par la suite pour signaler divers dépérissements sur vigne associés à des Botryosphaeriaceae, créant la confusion durant plusieurs années. Elle ne doit être réservée qu'au seul cas hongrois de "Black dead arm". Notons que cette appellation fut aussi utilisée en France pour caractériser plusieurs symptômes sur vigne, notamment  foliaires, considérés comme différents de ceux de l'esca, mais qui n'en serait qu'une variante comme l'ont rapporté plusieurs observateurs dans le monde.

 


Classification : Fungi, Ascomycota, Dothideomycetes, Incertae sedis, Botryosphaeriales, Botryosphaeriaceae

Dénomination anglaise :Botryosphaeria dieback

Autres noms de maladies associés aux problématiques à Botryosphaeria sur vigne : «black dead arm»(2), dépérissement à Diplodia (Diplodia-cane dieback), chancre à Botryosphaeria (Botryosphaeria canker, « bot » canker).

 

Dernière modification : 04/09/2017
  • Auteurs :
  • D Blancard (INRA)
  • P Lecomte (INRA)