Biologie, épidémiologie

 

Rappelons en préambule que l'épidémiologie des Botryosphaeriaceae sur vigne est encore assez mal connue.

 

  • Conservation et source d'inoculum

 Les différents champignons de cette famille botanique se conservent sur et dans le bois de vigne, sous la forme de pycnides essentiellement et/ou de périthèces quand la téléomorphe est formée. En effet, ces structures sont présentes sur les écorces, les parties de bois malades, ainsi que sur les débris de bois de taille laissés sur le sol. Soulignons que ces champignons disposent de potentialités saprophytiques très importantes leur permettant de survivre aisément sur de nombreux substrats et divers hôtes.

Les plants de vigne peuvent constituer des sources d'inoculum.
Rappelons que certains de ces ascomycètes sont également pathogènes opportunistes sur un bon nombre d'espèces ligneuses comme par exemple le pommier, le pêcher, le pistachier, le kiwi…... Ces derniers doivent donc pouvoir assurer leur pérennité dans l'environnement des parcelles de vigne. Bien que le rôle de ces hôtes « alternatifs » comme sources d'inoculum primaire ne puisse pas être écarté, celui-ci devra être précisé et quantifié.

  • Sporulation, dissémination

Durant les périodes humides et pluvieuses, des spores sont produites dans les pycnides et expulsées sous la forme de cirrhes gélatineux ; elles viennent après polluer les organes aériens de la vigne à la suite de projection d'eau sur de courtes distances. Par exemple dans le cas des Neofusicoccum spp., cette distance n'excèderait pas 2 mètres. Ces pycniospores (figure 1) constituent donc l'inoculum primaire.

Rappelons que ces champignons peuvent être disséminés par les plants de vigne à la suite de contaminations en pépinières  plusieurs espèces ont ainsi pu être isolées de ce matériel ou de pieds mères : D. seriata, N. parvum, B. dothidea, L. theobromae, N. mediterraneum, N. vitifusiforme… 

 

  • Pénétration dans la plante et invasion de l'hôte

Les Botryosphaeriaceae pénètrent la vigne surtout par les blessures réalisées au cours de la taille ou du greffage. Les plaies de taille sont réceptives à ces champignons durant de nombreux jours, voire plusieurs mois en fonctions de la période de l'année et de la zone géographique de production. Par la suite ils colonisent le bois. Ils y demeurent à l'état d'endophyte ou de pathogènes latents, ou développent leur parasitisme consécutivement à des stress biotiques ou abiotiques encore mal connus.

  • Conditions favorables

Les conditions climatiques affectent clairement l'incidence, la distribution et l'épidémiologie de ces champignons.

La sporulation, et en particulier la dispersion des spores sont fortement influencées par l'humidité relative, mais surtout par la pluie et l'irrigation par aspersion. La température influence moins ces composantes du cycle biologique des Botryosphaeriaceae. La sporulation peut se produire aussi bien en périodes hivernales qu'estivales. Elle serait réduite, voire nulle à 0 °C et en dessous. La réceptivité des plaies de taille diminuerait au fur et à mesure que la température s'élèverait, cette dernière influençant favorablement la cicatrisation des plaies. De plus, la température semble jouer un rôle positif sur la répartition géographique des différentes espèces, ainsi que sur leur pouvoir pathogène.

 

Dernière modification : 09/04/17
  • Auteurs :
  • D Blancard (INRA)
  • P Lecomte (INRA)
Botryosphaeria_rhodina_1
Figure 1
Botryosphaeria_parva_1
Figure 2