Biologie, épidémiologie


Phomopsis viticola ne réalise qu'un cycle biologique par an.

  • Conservation et sources d'inoculum

Phomopsis viticola se conserve aisément d'une année à l'autre sur la vigne, essentiellement grâce à son mycélium et ses pycnides. Le premier est très présent dans les bourgeons infectés l'année passée ; au printemps, en plus d'entraîner leur mort, il peut initier des lésions superficielles sur les jeunes poussent. On le retrouve aussi sur les sarments excoriés mais également dans certaines parties du bois puisqu'il y est isolé sans difficulté.

Les pycnides matures sont très nombreuses sur le bois blanchi 
(figure 1) et les anciennes lésions, et les baies momifiées (figure 2). Lors de périodes printanières humides et pluvieuses, des masses de conidies (spores α et β) (figure 3) s'échappent des pycnides sous la forme de cirrhes ( figures 4 et 5) et de nombreuses conidies viennent polluer les jeunes pousses à la suite d'éclaboussures d'eau.

P. viticola semble capable de se maintenir sur quelques autres Vitis spp. secondaires : Vitis rupestris, Vitis labrusca et Parthenocissus subquinquefolia. Ces hôtes peuvent assurer sa conservation et servir de sources de contamination lorsqu'ils sont présents à proximité de parcelles de vigne.

  • Pénétration et invasion

Seules les spores alpha sont capables de germer aisément, à des températures comprises entre 1 et 37°C. Une fois le tube germinatif initié, celui-ci pénètre dans les tissus par les stomates, les lenticelles et les blessures. Les infections ont lieu en quelques heures en présence d'humidité et de températures voisines de 23°C. Elles sont possibles au moins entre 5 et 35°C, et elles seraient optimales entre 16 et 23°C. Les premiers symptômes apparaissent entre 2 et 4 semaines après les premières infections. Notons que P. viticola est retrouvé dans les galeries du bois réalisées par les larves d'insectes ; il est aussi considéré comme endophyte chez la vigne.

  • Sporulation et dissémination

Des pycnides se forment en plus ou moins grandes quantités sur les lésions plutôt en fin de saison, mais elles ne deviennent matures qu'en fin d'hiver, à l'approche du débourrement. Au printemps, la dissémination de la maladie s'effectue par les conidies comme nous l'avons décrit précédemment, et ceci sur de courtes distances à proximité des sources d'inoculum et à l'occasion de pluies et d'éclaboussures d'eau. Il a été montré que les tissus infectés peuvent continuer à produire des spores pendant au moins 3 saisons. Ajoutons que P. viticola peut également être disséminé par l'intermédiaire des bois de vigne, des boutures, de certains insectes, par les équipements de taille et les engins agricoles. Enfin, notons qu'il a été retrouvé, à l'état latent, sur de nombreux bois de vigne apparemment non excoriés utilisés dans les pépinières en Pologne.

 

  • Conditions favorables à son développement

P. viticola apprécie les températures clémentes à fraîches, son optimum thermique se situerait autour de 23°C ; son développement serait réduit, voire nul durant les périodes estivales très chaudes. La période de sensibilité maximale de la vigne se situe entre le débourrement et le stade 2-3 feuilles étalées. Les pluies printanières continues, les averses répétées, les fortes hygrométries, la présence d'eau sur les différents organes favorisent le développement de l'agent de l'excoriose. 


Enfin, rappelons que seuls les tissus jeunes sont sensibles et que les cépages présentent des différences de sensibilité à l'excoriose. Par exemple, cabernet franc, cinsault, carignan et merlot seraient peu sensibles, alors que cabernet sauvignon et grenache le seraient beaucoup plus.

 

  • Synoptique du développement de P. viticola  (figure 6)
Dernière modification : 09/18/17
  • Auteur :
  • D Blancard (INRA)
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Figure 1
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Figure 2
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Figure 3
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Figure 4
Phomopsis-vigne41
Figure 5
Synoptique_de_l_excoriose
Figure 6