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Chaleur et canicules

 

      Fréquence
      Agressivité
      Impact

 

 

 

 

Au cours de l’été des températures hautes extrêmes peuvent être atteintes. On parle de période de canicule si la température journalière dépasse 35 °C pendant plusieurs jours. Celle de 2003 a battu tous les records connus en intensité et en durée jusqu'à présent. On peut cependant noter que les températures létales pour les arbres (au delà de 50 °C) ne sont pas atteintes sous nos latitudes, sauf circonstances exceptionnelles très locales.


Cependant, une canicule est généralement une période sans précipitations et ses effets sont difficilement dissociables de ceux de la sécheresse. De plus, par suite du blocage de la transpiration lié à la fermeture des stomates (induite elle-même par le manque d’eau), les mécanismes de refroidissement naturel de la surface des feuilles ne sont plus assurés. On observe alors un rougissement des tissus qui témoigne de la destruction de la chlorophylle, apparenté à un effet de brûlure. En 2003, des jeunes semis (sapins dans les Vosges par exemple) mais aussi des arbres adultes (chênes pubescents sur les contreforts calcaires des Alpes autour de Grenoble) ont littéralement « grillé ».

En dehors de l’été, sans atteindre des records absolus, des températures anormalement élevées pour la saison peuvent avoir des incidences non négligeables.
Un automne particulièrement doux peut contrarier les mécanismes d’aoûtement  des pousses et prédisposer à des dommages lors de gels précoces.

Au cours de l’hiver, lors de périodes anticycloniques bien ensoleillées pendant la journée, les températures s’élèvent et peuvent réactiver la transpiration au niveau du feuillage des résineux. Si la température du sol est en dessous du seuil d’absorption des racines, la demande en eau de la partie aérienne ne peut être satisfaite. Cela se traduit alors par un dessèchement des aiguilles. Ce rougissement physiologique ou dessiccation hivernale est assez fréquemment observé chez le douglas en fin d’hiver et cause de nombreuses mortalités (voir fiche rougissement physiologique).

En début de printemps, des températures douces peuvent déclencher un débourrement  précoce qui augmente sérieusement les risques de dégâts en cas de gelées tardives.

 

  • Symptômes

 

Au cours de la période de canicule on observe tout d'abord un flétrissement des feuilles et des pousses de l'année. Elles perdent également progressivement leur couleur verte vive pour un vert terne. Dans les semaines qui suivent les feuilles ou aiguilles rougissent. Chez les feuillus on peut assister à des chutes précoces importantes, les arbres prenant alors leur aspect hivernal. Les houppiers des résineux peuvent partiellement ou totalement rougir.

Si l’écorce est fine (chez les jeunes arbres ou chez certaines essences comme le hêtre ou l’érable), les fortes chaleurs se traduisent par des nécroses du cambium, des fissurations de l’écorce et des craquèlements par plage. On parle alors de « coups de soleil » qui affectent en général le côté sud de l’arbre. Au niveau des troncs, les fentes de sécheresse (fentes radiales) sont également associées à des températures caniculaires.

 

  • Dégats

 

Les symptômes spectaculaires d'une canicule estivale n'ont pas la même valeur selon les essences. Chez les feuillus, ces symptômes ne permettent pas de prédire la survie des arbres les années suivantes et la plupart des arbres qui ont perdu leur feuille précocément au cours de l'été débourrent normalement le printemps suivants. Chez les résineux par contre, un rougissement important du feuillage, souvent en cime, est très fréquemment gage de mortalité à terme.

Un effet exposition est manifeste, les lisières ou les versants exposés au sud étant plus touchés.

Dernière modification : 07/29/15
  • Auteur :
  • D S. F. (Département de la Santé des Forêts)