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Principaux symptômes

Alternaria tomatophila s'attaque à tous les organes aériens de la tomate, à tous stades de croissance de la plante.

Il affecte les jeunes plants, avant et après repiquage, dans les pépinières extensives humides et froides. En plus de fonte de semis, ce champignon est à l'origine d'altérations noires plus ou moins étendues sur la tige, situées à proximité du collet ou plus en hauteur. Après avoir ceinturé la tige, les lésions peuvent entraîner assez rapidement le dessèchement des plants et leur mort. Les attaques à ce stade de développement des plantes sont dues à la contamination des semences et/ou du sol de la pépinière.

Sur les plantes adultes, il occasionne surtout des taches foliaires se développant plutôt sur les feuilles basses et matures puis progressant vers les apex. Ces taches sont dans un premier temps vert sombre, puis deviennent rapidement brunes à noires (figures de 1 à 3). Elles ont une forme plus ou moins arrondie, parfois angulaire lorsqu'elles sont délimitées par les nervures. Leur diamètre est souvent de l'ordre du centimètre, et peut atteindre plusieurs centimètres lorsque les conditions climatiques sont particulièrement favorables et/ou quand les taches confluent. Ces dernières ont la caractéristique de présenter de discrets motifs concentriques leur conférant l'aspect d'une cible. Elles sont situées sur l'ensemble du limbe, y compris à sa périphérie. Dans ce dernier cas, elles ne présentent pas toujours des anneaux concentriques. Un halo jaune plus ou moins vif (dû aux effets d'une toxine) est parfois visible autour de ces taches qui, à terme, finissent par se nécroser. Lorsqu'elles sont nombreuses et que les conditions climatiques sont très favorables, des folioles entières peuvent jaunir et se dessécher, conduisant parfois à des défoliations importantes des plantes.

Des taches assez comparables sont aussi constatées sur les tiges (figure 4), les pétioles (figure 5) et les pédoncules ; elles ont une teinte noirâtre et ont souvent une forme plus allongée. Ces lésions peuvent ceinturer l'organe affecté et entraîner le dépérissement de sa partie distale.

Sur les fruits, des taches concaves, bien délimitées, apparaissent à proximité de la cicatrice pédonculaire et des sépales (figures 6 et 7). Ces derniers, colonisés dans un premier temps, sont souvent altérés. La surface des zones altérées des fruits se plisse ; elle peut se couvrir d'une moisissure noire, veloutée, assez caractéristique, et on y retrouve des motifs concentriques, comme sur les feuilles. Les fruits verts comme les fruits mûrs peuvent être touchés ; ceux à maturité avancée sont peu ou pas affectés. Notons que des contaminations peuvent avoir lieu par l'intermédiaire de blessures comme les fentes de croissance. Les lésions sur fruits peuvent engendrer leur chute en grandes quantités. Les fortes attaques d'alternariose peuvent aussi être à l'origine de la réduction de la taille et du nombre de fruits produits.

Signalons que plusieurs bioagresseurs aériens de la tomate peuvent occasionner des symptômes sur folioles confondables avec ceux provoqués par A. tomatophila, notamment Hinomyces moricola (I. Hino) Narumi & Y. Harada  (= Cristulariella moricola (Hino) Redhead, C. pyramidalis Waterman & Marshall), champignon confidentiel sur cette solanacée à l'origine de larges taches concentriques (zonate leaf spot).

Dernière modification : 04/24/14
  • Auteur :
  • D Blancard (INRA)
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Figure 1
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Figure 2
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Figure 3
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Figure 4
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Figure 5
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Figure 6
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Figure 7