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Tomato yellow leaf curl virus (TYLCV)

Virus des feuilles jaunes en cuillère de la tomate
et autres espèces virales associées


- classification : Geminiviridae, Begomovirus
- Ancien sous-groupe III du groupe des Geminivirus



Le virus des feuilles jaunes en cuillère de la tomate (Tomato yellow leaf curl virus, TYLCV) et les espèces virales associées au syndrome yellow leaf curl sont maintenant répandus dans de nombreux pays répartis sur tous les continents.

Le TYLCV est très présent dans plusieurs pays du Sud méditerranéen, aux Proche- et Moyen-Orient, et dans certains pays d'Afrique soudano-sahélienne comme le Sénégal ou le Burkina Faso. Il a été détecté dans l'île de la Réunion en 1997. On le retrouve également au Maroc et dans les îles Canaries, avec le TYLCSV. Ce virus sévit aussi en Italie, Sicile et Sardaigne (depuis la fin des années 1980), ainsi qu'en Calabre (depuis 1991). En Espagne, l'Andalousie est particulièrement atteinte depuis 1993 par le TYLCSV, puis également par le TYLCV. Son extension progresse ; des dégâts ont été signalés en 1995 à Murcia et Alicante, puis au Portugal dans la région de l'Algarve. Le TYLCV ou d'autres espèces virales sont également signalés, entre autres, en Europe de l'Est, en Asie (Iran, Turkménistan, Chine, Népal, Thaïlande, Taiwan, Japon…) et en Australie. Le TYLCV semble avoir atteint le continent américain : République dominicaine (1997), Cuba (1998), Floride (1999), Jamaïque (1999), Mexique (1999), Guadeloupe (2001)…

Il a été ponctuellement détecté en France à partir de la fin des années 1990. C'est en Camargue, en 1999, que le premier foyer a été identifié, consécutif à l'introduction de plants originaires d'Espagne. Il est maintenant durablement installé dans les Pyrénées-Orientales, où on le retrouve dans les plantes sauvages à l'extérieur des abris.

Plusieurs facteurs ont fortement contribué à la dissémination du TYLCV de par le monde :
-  les caractéristiques de l'aleurode vectrice de ce Begomovirus, Bemisia tabaci (divers biotypes), aleurode très polyphage parasitant au moins 500 espèces végétales, et dont les niveaux de population sont souvent très élevés ;
-  la sensibilité des variétés de tomate cultivées et la continuité des productions ;
-  la migration des aleurodes virulifères, à partir de vieilles cultures de tomate ou d'autres espèces végétales sensibles vers des plantations récentes ;
-  la commercialisation à grande échelle de plants de tomate infectés.

Les pertes économiques occasionnées par le TYLCV sont souvent très importantes dans les pays où il sévit. Plusieurs études mettent en évidence des chutes de rendement dépassant les 50 %, voire 60 %, par rapport aux témoins non infectés. Si les attaques sont très précoces, la récolte peut être entièrement compromise.



Le TYLCV (figure 1) n'est pas un virus d'apparition récente puisque ses premières attaques sur tomate ont été rapportées en Palestine en 1939. Il semble avoir été disséminé à partir de plants infectés ou à la suite de la migration de son insecte vecteur : Bemisia tabaci.

Figure 1



L'émergence du syndrome yellow leaf curl, dans de nombreux pays, a donné lieu à la description de plusieurs souches de TYLCV dans un premier temps : TYLCV-Ch (Chine), TYLCV-Is (Israël, comprenant aussi des souches d'Égypte et du Liban), TYLCV-Ng (Nigeria), TYLCV-Sar (Sardaigne), TYLCV-SSA (Southern Saudi Arabia), TYLCV-Tz (Tanzanie), TYLCV-Th (Thaïlande), et TYLCV-Ye (Yémen)…

Par la suite, grâce à l'étude du pourcentage d'identité génomique, ces souches et de nouvelles ont été requalifiées en espèces internationalement reconnues : Tomato yellow leaf curl virus (TYLCV, intégrant le virus d'origine ainsi que les souches Israël, Almeria…), Tomato yellow leaf curl Sardinia virus (TYLCSV), Tomato yellow leaf curl Malaga virus (TYLCMalV, qui serait un recombinant entre le TYLCV et le TYLCSV), Tomato yellow leaf curl China virus (TYLCCNV), Tomato yellow leaf curl Kanchanaburi virus (TYLCKaV), Tomato yellow leaf curl Thailand virus (TYLCTHV)…

On peut aussi ajouter des espèces « potentielles » pas encore totalement validées à l'échelle internationale, comme Tomato yellow leaf curl Nigeria virus (TYLCNV), Tomato yellow leaf curl Kuwait virus (TYLCKWV), Tomato yellow leaf curl Saudi Arabia virus (TYLCSAV), Tomato yellow leaf curl Tanzania virus (TYLCTZV), Tomato yellow leaf curl Yemen virus (TYLCYV)… Signalons que la situation est comparable pour d'autres virus, notamment le ToLCV.

D'autres espèces virales sont associées au syndrome des feuilles jaunes en cuillère (yellow leaf curl) et il y a fort à parier que d'autres espèces seront  décrites, ayant pour conséquence une évolution permanente de la situation des Begomovirus sur tomate et probablement de la taxonomie de ces virus.

En conclusion, il faut être conscient que toutes ces espèces virales révèlent, en l'état de nos connaissances, des propriétés biologiques comparables. Afin d'éviter les redondances, nous ne développerons que les connaissances portant sur le TYLCV. Celles-ci devraient vous permettre de disposer de suffisamment d'éléments pour pouvoir interpréter et gérer des épidémies liées à d'autres Begomovirus. Ajoutons que tous les virus transmis par Bemisia tabaci sont considérés comme des virus de quarantaine.

Les virions de TYLCV sont présents dans les noyaux des cellules des parenchymes foliaires. Ils sont géminés, anguleux, et mesurent environ 20-30 nm de diamètre (figure 1).

Dernière modification : 20/06/2013
  • Auteur :
  • D Blancard (INRA)