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Nature, niveau d'efficacité et durabilité des résistances


La résistance est une caractéristique héritable qui diminue les effets du parasitisme. Son efficacité dépend de la combinaison de deux facteurs :
- le niveau d'expression de la résistance ;
- la durabilité, ou stabilité de la résistance dans le temps.

Ces deux facteurs possèdent chacun un déterminisme particulier.

  • Déterminisme du niveau de la résistance
Résistance et sensibilité sont les deux extrêmes d'un ensemble de réactions de la plante hôte. Selon le mécanisme impliqué, le niveau de la résistance apparaîtra plus ou moins élevé, d'où la distinction entre résistance absolue et résistance partielle.

La résistance absolue, appelée aussi « verticale », est due à un phénomène d'immunité ou à un mécanisme d'hypersensibilité. Dans le cas d'immunité, la plante est totalement indemne de parasitisme. Cette résistance peut résulter d'une absence de fixation de l'agent pathogène sur l'hôte ou, dans le cas des virus, de l'absence chez l'hôte d'un élément ou d'une fonction essentielle à la réplication virale. La résistance à Mycovellosiella fulva, conférée par le gène « Cf-2 », est un bel exemple d'immunité ; elle est maintenant surmontée par la race 2 présente dans de nombreuses régions. Le terme d'« immunité » est souvent utilisé improprement pour dénommer une résistance qui se manifeste en absence de symptômes visibles, mais qui n'exclut pas la pénétration du bioagresseur.

Lorsque intervient un mécanisme d'hypersensibilité, le processus d'infection demeure localisé et inactivé par la mort des tissus infectés.

À température élevée, le mécanisme est plus lent et des symptômes peuvent apparaître. Deux exemples sont fournis par le gène « Tm-2² » de résistance aux Tomato mosaic virus (ToMV) et au Tobacco mosaic virus (TMV) et par le gène « Mi » conférant la résistance aux Meloidogyne spp.

La résistance partielle, appelée aussi « horizontale », est caractérisée par la diminution du nombre de points de fixation des agents pathogènes sur l'hôte, le ralentissement de leur croissance et de leur développement dans les tissus et la diminution du nombre d'unités infectieuses émises. La résistance partielle à Phytophthora infestans, contrôlée par le gène « Ph-2 », illustre cette situation. Il résulte globalement de ces phénomènes une progression plus lente de la maladie sur la plante et de l'épidémie dans la culture.

Une résistance partielle soutenue par de bonnes pratiques culturales et une protection phytosanitaire raisonnée peut éviter le développement d'une épidémie.

La notion de résistance partielle ne doit pas être confondue avec la tolérance qui est une notion agronomique. Cette dernière caractérise le comportement d'une plante dans laquelle le parasite vit et se reproduit, comme dans une plante sensible présentant des symptômes typiques de maladie, mais dont le rendement n'est pas affecté. Cependant, il est fréquent de parler de « variétés tolérantes » en virologie pour caractériser des plantes qui permettent une multiplication active d'un virus sans extérioriser de symptômes typiques de la maladie, et dont le rendement n'est pas affecté.

  • Déterminisme de la stabilité de la résistance dans le temps
La stabilité des résistances de haut niveau peut être extrêmement variable selon les gènes les contrôlant. Ce n'est qu'après de nombreuses années d'utilisation que l'on peut évaluer avec fiabilité la durée d'une résistance ou l'importance pratique de l'adaptation d'un agent pathogène à une résistance donnée.

La rapidité d'apparition de nouveaux pathotypes est extrêmement grande chez certains agents pathogènes comme Mycovellosiella fulva. À l'opposé, après de nombreuses années d'utilisation dans des conditions environnementales très variées, certaines résistances n'ont jamais été surmontées comme celle aux Stemphylium spp. D'autre part, il existe de nombreux exemples de résistances qui, bien que surmontées, continuent de présenter un intérêt pratique non négligeable dans certains contextes culturaux.


Dernière modification : 07/01/2013
  • Auteur :
  • H Laterrot (INRA)