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Polyphagotarsonemus latus (Banks)

 Tarsonème - acariose déformante

 

 Généralités

 

  • Minuscule acarien (0,2 mm) blanc ou jaunâtre et translucide (figures 1 et 2), dont le corps est de forme ovale. Quasiment invisible à l'oeil nu malgré son déplacement rapide.
  • Très polyphage, signalé chez de nombreuses espèces végétales appartenant à plus de 60 familles botaniques, dont la plupart des cultures maraîchères (poivron et piment sont sensibles, mais aussi l'aubergine et parfois la tomate), mais on le trouve aussi sur des arbres fruitiers, des plantes ornementales et des adventices.
  • Localisé surtout au niveau de l’apex et des bourgeons, et à la face inférieure des feuilles.
  • Répartition mondiale.
  • Observé en plein champ comme sous abris.

 

  • Famille(s) botanique(s) sensible(s) 
Solanacées        

 

  • Zones de production affectées :
Mayotte Réunion Guyane Guadeloupe Martinique Nouvelle-Calédonie Polynésie-Française

 

  • Organes attaqués
Feuilles Fleurs Fruits Tige Vaisseaux Collet Racines

 


Symptômes, dégâts 

 

  • Symptômes :
    • Fortes déformations des jeunes feuilles et des bourgeons consécutives à ses piqûres (figures 3 et 4 - piment) (figures 8 et 9 - tomate). Ces symptômes rappellent ceux provoqués par les herbicides de type hormone, ou par certaines viroses.
    • Enroulement des feuilles qui sont aussi plissées, plus épaisses et rigides (figures 5 - piment) (figure 10 - tomate). Elles présentent parfois une teinte bronze à brunâtre, et leur face inférieure a des reflets brillants.
    • Des zones de tissus brunâtres ou liégeux apparaissent sous les feuilles, sur les pétioles ou les sépales, mais surtout sur les fruits (figures 6 et 7 - piment) (figures 11 à 13 - aubergine).
    • Croissance de certaines plantes stoppée, mais peut repartir si les tarsonèmes sont éliminés.
    • Brunissement, ou aspect bronzé des inflorescences qui peuvent chuter.
  • Signes : acariens pas observables à l'oeil nu sur les organes affectés (figures ).
  • Confusions possibles : viroses, dégâts d'herbicides, etc.

 


Biologie

 

  • Conservation : Capable de se maintenir toute l’année sur différents hôtes cultivés ou non, en zone tropicales ou subtropicales.
  • Cycle de développement : Trois stades se succèdent au cours de son cycle biologique : œuf, larve et adulte.Laduréeducycledel’œuf àl ’adulte est de 5 jours en périodes chaudes, et elle est supérieure si les températures sont plus fraîches.
    • Oeufs situés en particulier à la face inférieure des jeunes feuilles, voire des jeunes fruits, ovales et légèrement aplatis. Ils donnent naissance à des larves.
    • Larves peu mobiles, de très petite taille, hyalines et disposant de 3 paires de pattes. Celles-ci se nourrissent durant 2 à 3 jours.
    • Adultes ont 4 paires de pattes mais la quatrième n'est pas fonctionnelle. les mâles sont plus petits que les femelles. Ils ont une durée de vie d’environ 2 semaines et pondent en moyenne de 2 œufs par jour.
  • Dispersion :  par déplacement sur de courtes distances, les mâles étant plus mobile que les femelles. Disséminé dans la culture par le vent, les animaux et les insectes (en particulier les aleurodes), les ouvriers et leurs outils au cours des opérations culturales.
  • Conditions favorables : températures avoisinant les 25°C, absence de pluies.

 


Protection

 

  • Contrôle plutôt difficile car cet acarien est souvent détecté trop tardivement dans les cultures par les premiers dégâts qu'il provoque.
  • Désherber la culture et ses abords.
  • Désinfecter les serres et le matériel utilisé.
  • Contrôler la qualité sanitaire des plants avant et durant leur introduction dans la culture ou l'abri.
  • Produire les plants dans un abri propre. Cependant les pépinières insect-proof sont insuffisantes pour éviter l'entrée des tarsonèmes vu leur très petite taille et leur mode de dissémination.
  • Raisonner la protection chimique (site e-phy)**, en particulier si vous utilisez des auxiliaires ou des biopesticides***.
  • Tenter d’éradiquer le ou les premiers foyers en éliminant les premières plantes atteintes et/ou en traitant localement ces dernières et les plantes environnantes.
  • Utiliser un volume important de bouillie et avec suffisamment de pression afin d’accéder au « cœur » de la végétation. Il conviendra de contrôler dans le temps l’efficacité des traitements.
  • Traiter les plantes avant arrachage en présence de populations élevées de ravageurs.
  • Enlever et détruire les débris végétaux et les résidus de culture
 
** Des résistances aux acaricides sont connues chez ce ravageur.

*** Des prédateurs comme certains acariens Phytoséidés ont été expérimentés en Europe pour contrôler les populations de P. latus. Certaines substances naturelles d’origine végétale et minérale ont aussi été testées à l’égard de P. latus, notamment de l’argile fine en suspension.

Dernière modification : 04/10/2017
  • Auteurs :
  • D Blancard (INRA)
  • P Ryckewaert (CIRAD)
Polyphagotarsonemus1
Figure 1
Tarsonème
Figure 2
Tarsoneme-Acarien
Figure 3
Tarsoneme-Poivron
Figure 4
Tarsoneme-Poivron3
Figure 5
Tarsoneme-Poivron6
Figure 6
Tarsoneme-Poivron8
Figure 7
Tarsoneme-Poivron1
Figure 8
Tarsoneme-Tomate1
Figure 9
Tarsoneme-Tomate6
Figure 10
Tarsoneme-Tomate2
Figure 11
Tarsoneme-Aubergine1
Figure 12
Tarsoneme-Aubergine4
Figure 13
Tarsoneme-Aubergine5
Figure 14
Polyphagotarsonemus-latus1
Figure 15
Polyphagotarsonemus-latus2
Figure 16