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Phytophthora infestans

Mildiou des Solanacées 

Généralités

 

  • Oomycète sévissant avec gravité dans de nombreuses zones de production du monde, particulièrement redoutable et destructeur dans les régions au climat humide (pluies, irrigations par aspersion, brouillards, rosée…).

  • Sévissant à des altitudes supérieures à 800 m en zones tropicales, et en plaine durant les périodes humides et moins chaudes.

  • Plusieurs  souches sont connues appartenant à deux groupes de compatibilité complémentaires (A1 et A2) permettant sa reproduction sexuée.

  • Observé en plein champ comme sous abris.

  • Microorganisme possédant une gamme d'hôtes plutôt étroite et limitée aux solanacées.

 

  • Famille(s) botanique(s) sensible(s) 
Solanacées

 


Biologie

 

  • Conservation : probablement sous plusieurs formes :
    • oospores (figure 1) issues de la reproduction sexuée se formant dans les tissus altérés ;
    • sous la forme de mycélium à l'intérieur de tubercules de pomme de terre malades ;
    • sur divers autres hôtes alternatifs, des plantes cultivées ou sauvages environnantes (aubergine, piment rouge, pomme de terre, pépino, morelle noire, Solanum incanum, S. indicum…, Datura stramonium, D. metel, plusieurs espèces d'Hypomea, Lycium hamilifolium, Nicotiana glauca, Petunia sp. et Physalis angulata, etc.).
  • Infection : pénètration dans le limbe via les stomates, parfois directement au travers de la cuticule et des cellules épidermiques. Infection en 3 à 4 heures. Envahissement des tissus foliaires par son mycélium non cloisonné. Les premières taches apparaissent entre 4 et 7 jours après les premières contaminations.
  • Sporulation : par les stomates, parfois directement au travers de l'épiderme (figure 2). Production de nombreux sporangiophores (figures 3 à 6) et sporanges citriformes (figures 7 et 8), plusieurs milliers par taches.
  • Dissémination : par le vent et la pluie, parfois sur de longues distances (plusieurs centaines de mètres). Elle s'effectue parfois par l'intermédiaire de plants contaminés, voire des semences dans de rares situations. 
  • Conditions favorables : extrêmement influencé par les conditions climatiques, se développant plus ou moins bien à des températures comprises entre 3 et plus de 25°C. Des humidités relatives élevées, supérieures à 90 % sont indispensables à son développement. Des nuits froides et des journées modérément chaudes, avec une forte humidité, favorisent son extension. Les périodes pluvieuses, les irrigations par aspersion, les rosées, sont aussi très propices aux épidémies de mildiou.

 


Protection

 

  • Utiliser si possible des variétés exprimant une résistance partielle au mildiou. Ce matériel végétal devra être utilisé de concert avec les autres méthodes de protection, en particulier avec une lutte chimique complémentaire. On ne réalisera en aucun cas des cultures mixtes de variétés résistantes et de variétés sensibles et on évitera la proximité de variétés sensibles.
  • Des rotations culturales d’au moins 3 années sont préconisées.
  • Orienter si possible les buttes de plantation et/ou les rangs dans le sens des vents dominants afin de favoriser l’aération de la végétation.
  • Eliminer les plantes adventices sensibles des parcelles et de leur environnement.
  • Utiliser des plants sains, vérifier leur qualité sanitaire à leur arrivée.
  • Assurer un bon drainage aux parcelles cultivées.
  • Envisager la production d'espèces cultivées non hôtes en inter-rang.
  • Protéger les plantes des intempéries en les couvrant avec un plastique.
  • Ne pas planter à proximité de cultures de tomates déjà affectées.
  • Eviter les trop fortes densités de plantation afin de favoriser l'aération du feuillage, et les fumures excessives.
  • Eviter les irrigations par aspersion, leur préférer l’irrigation au goutte à goutte. Si elles sont indispensables, les réaliser le matin afin que la végétation ressuie rapidement en cours de journée.
  • Sous abris, aérer au maximum.
  • Effeuiller les parties basses des plantes afin d'éliminer les premières feuilles affectées et améliorer l'aération du couvert végétal.
  • Eliminer des feuilles attaquées à intervalles réguliers.
  • Ne pas faire travailler les ouvriers tant que la végétation est mouillée.
  • Eliminer assez rapidement les résidus végétaux, en cours de culture à la suite des différentes opérations culturales, et en fin de culture après l’arrachage des plantes. Ils devront être détruits rapidement ou enfouis profondément dans le sol afin de favoriser leur rapide décomposition.
  • Pulvériser des fongicides en tenant compte des usages autorisés (e-phy). Des souches résistantes à plusieurs fongicides* ont été signalées dans la littérature. Donc, alterner des matières actives présentant des modes d'action différents.

 


* Familles chimiques particulièrement concernées par les phénomènes de résistance : Anilides, Strobilurines.
Notons que pour que les fongicides multisites soient relativement opérants, ils doivent être appliqués préventivement et chaque semaine, en particulier en plein champ. Malgré une efficacité limitée dans le temps, ils ont tout de même l’avantage d’être assez polyvalents et de ne pas être concernés par les phénomènes de résistance.
Ce n’est pas le cas de certains fongicides unisites (comme par exemple ceux de la famille des anilides) qui sont utilisés rarement seuls, souvent associés entre eux et/ou avec les fongicides multisites afin de limiter les risques d’apparition de résistances. Rappelons que les traitements curatifs, à l’efficacité relative, favorisent davantage l’apparition de souches résistantes aux fongicides. De plus, nous vous invitons expressément à alterner des fongicides à modes d’action différents. Avec certains produits, il ne faudra pas réaliser plus de 2 à 3 applications par campagne, et ne pas intervenir sur des attaques déclarées.


 

Dernière modification : 07/01/2021
  • Auteur :
  • D Blancard (INRA)
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