Nématodes

 

  T. Mateille et J. Tavoillot (IRD, Montpellier)

 

Les nématodes phytophages sont de minuscules vers cylindriques plus ou moins transparents appelés aussi « anguillules ». Ils sont le plus souvent invisibles à l’œil nu ; on les distingue en revanche aisément au microscope optique. Comme de nombreux animaux, ils disposent d’un système digestif assez complet débutant par la bouche et se terminant par un anus. Tous les nématodes phytopathogènes sont pourvus d’un stylet buccal creux leur permettant de piquer les cellules végétales afin d’en absorber le contenu et d’y injecter des sécrétions salivaires. La reproduction des nématodes peut être sexuée, hermaphrodite ou parthénogénétique et conduit à la formation d’œufs.

  

  • Fréquence sur légumes : ++
  • Symptômes types : rabougrissement, nanismes, jaunissement et flétrissement foliaires, déformations foliaires (Ditylenchus), galles (Meloidogynes) et déformations racinaires (Belonolaeimus), kystes (Heterodera), brunissement et pourritures racinaires (Pratylenchus, etc.),  etc.
  • Signes : aucun signe visible à l'oeil nu sur et dans les tissus altérés. Des femelles hypertrophiées avec leur masse d'oeufs peuvent être discernées dans les galles et correspondent aux kystes.
  • Difficulté de diagnostic : - à ++

 


  • Conservation : sont communément rencontrés dans le sol et l’eau, se nourrissant à la surface des racines et des organes enterrés. Leur conservation et leur multiplication peuvent être assurées par des hôtes alternatifs sensibles. Les œufs et certains stades larvaires sont capables de persister plusieurs années dans le sol à l’état dormant.
  • Parasitisme : nématodes ectoparasites (souvent migrateurs et se nourrissant des cellules racinaires superficielles, normalement sans pénétrer dans les tissus - Leur cycle s’effectue essentiellement dans le sol) ; nématodes endoparasites plutôt sédentaires (pénètrant et envahissant parfois profondément les tissus, entraînant la formation de galles ou de kystes) ou se déplaçant à l’intérieur des tissus (provoquant des lésions brunes). L’injection de salive dans les cellules au cours de leur nutrition est à l’origine d’une grande partie des dégâts. Interactions possibles avec d’autres agents pathogènes. Certains peuvent être vecteurs de virus.
  • Reproduction : cycle de développement relativement simple : les œufs donnent naissance à des larves qui grandissent ; chacun des 4 stades larvaires se termine par une mue. Le dernier stade larvaire engendre un nématode adulte qui peut être mâle ou femelle. Un cycle complet s’effectue en deux à trois semaines si les conditions environnantes sont favorables. Les stades larvaires infectieux et les adultes présentent un processus parasitaire différent en fonction de l’espèce.
  • Dissémination : par les outils, les engins agricoles souillés par des particules de sol contaminées , par l’eau de drainage et d’irrigation, parfois à la suite d’éclaboussures, par les organes de multiplication végétative, etc.
  • Conditions favorisantes : développement dans le sol influencé par son humidité, son aération et sa température. La présence d’un film d’eau est indispensable pour que les larves ou les adultes se déplacent dans le sol ou sur les organes attaqués, grâce à des mouvements ondulatoires. Leurs dommages sur les racines dépendent de leur densité dans le sol, de la vigueur de la plante cultivée, des interventions anthropiques et des conditions environnantes. Sachez qu'ils agissent en complexes avec d'autres agents pathogènes telluriques, en particulier des champignons et des organismes assimilés, favorisant leur parasitisme dans certaines situations.

 

Dernière modification : 02/29/16
  • Auteurs :
  • T Mateille (IRD)
  • J Tavoillot (IRD)
  • D Blancard (INRA)