Chenilles mange-bourgeons

Noctuelles, boarmies, sphinx, etc.

 

Ces ravageurs de l'ordre des lépidoptères, comme leur nom l'indique, s'attaquent plus particulièrement aux bourgeons et jeunes feuilles (figure 1), au stade de chenilles. Celles-ci appartiennent à différentes familles :

 

Geometridae (chenilles arpenteuses)

  • Peribatodes rhomboidaria (Denis & Schiffermüller 1775) phalène à losanges ou boarmie (syn. Boarmia gemmaria) (figure 2). La chenille ne possède que 2 paires de fausses pattes, d'où son déplacement caractéristique. Se dressant sur les pattes anales, elle mime ainsi une brindille. C'est à ce stade de développement que l'insecte hiverne. Elle est très active au printemps lors du débourrement.

 

Erebidae (chenilles bourrues)

Les chenilles de cette famille appelées aussi chenilles hérissonnes, sont très poilues. Les papillons, souvent cachés dans la végétation, ont des ailes postérieures très colorées. Ces insectes sont pourvus d'un organe produisant des ultrasons. Les dégâts dus à ces espèces sont rarement importants.

  • Arctia villica (Linnaeus, 1758), écaille fermière
  • Arctia caja (Linnaeus, 1758) écaille martre (>>> plus d'infos)
  • Rhyparia purpurata (Linnaeus, 1758), écaille pourpre
  • Spilosoma lubricipeda (Linnaeus, 1758), l’écaille tigrée ou écaille pied glissant (figures 3 et 4).

 

Noctuidae (chenilles grises, sans poils)

Ces papillons surtout actifs la nuit, ont des ailes repliées en forme de chape, dont les antérieures souvent plus foncées que les postérieures qui elles peuvent être très colorées (figure 5). Les chenilles plus ou moins grises selon le stade et l'espèce s'enroulent dès qu'elles sont dérangées. Ces chenilles ont des moeurs nocturnes et demeurent cachées dans le sol pendant le jour (figure 6). On ne s'apercoit de leur présence que par les ravages causés aux jeunes pousses, les plus grands dommages étant constatés en avril-mai. Les espèces rencontrées sont différentes selon le climat.

  • vignobles méridionaux :
    • Agrotis segetum (Denis et Schiffermuller 1775), la noctuelle des moissons
    • A. exclamationis (Linnaeus 1758) surnommé point d'exclamation ou double tache
    • Noctua pronuba (Linnaeus 1758), la noctuelle fiancée ou hibou (figure 7)
  • vignobles septentrionaux :
    • Agrotis bigramma (Esper, 1790) noctuelle trapue (anc. Agrotis crassa)
    • Euxoa (Euxoa) nigricans (Linnaeus, 1761), la noctuelle noirâtre
    • E. tritici (Linnaeus, 1760) dite noctuelle cryptée ou noctuelle du blé
    • Xestia c-nigrum (Linnaeus, 1758), le C-noir.

 

Sphingidae

Ces beaux papillons à ailes peu développées et à corps énorme, à vol stationnaire, sont des ravageurs occasionnels de la vigne. Les dégâts causés par les chenilles grandes et épaisses sont toujours limités. En fait ces espèces ne sont pas inféodées à la vigne et leur habitat normal est constitué surtout de plantes sauvages comme les gaillets ou les épilobes, mais aussi le sarrasin. La chenille, dans cette famille porte un éperon sur l'avant dernier segment de l'abdomen.

  • Deilephila elpenor (Linnaeus, 1758) (anc. Pergena elpenor) grand sphinx de la vigne ou sphinx rose ; cette espèce s'attaque surtout aux vignes en espalier, car la présence de murs favorise sa multiplication en abritant les chysalides. Le travail du sol détruit celles-ci.
  • D. porcellus (Linnaeus, 1758), petit sphinx de la vigne ou petit pourceau. Les invasions généralisées sont rares.
  • Hyles lineata (Fabricius, 1775) (anc. Celerio lineata var livornica), sphinx commun de la vigne ou sphinx à bandes. Cette espèce, la plus nuisible, est migratrice et peut apparaitre parfois en invasion massive dans le Sud de la France.

 

Zygaenidae

  • Theresimima ampellophaga (Bayle-Barelle, 1808), zygène de la vigne ou procris mange-vigne (anc. Zygaena ampellophaga, photo 8) est connu depuis l'antiquité comme un ravageur du vignoble, mais qui est préoccupant surtout dans le centre de l'Europe. En France sa présence est limitée à la Provence et les dégâts sont sans gravité. Les petites chenilles mangent au printemps les jeunes bourgeons puis les feuilles en croissance, en s'attaquant au milieu du limbe.

 

Régulation biologique

Les facteurs favorables à la présence de ces ravageurs vous sont présentés sur le tableau joint (figure 9). Par ailleurs, parmi les auxiliaires utiles on peut citer des prédateurs comme les carabes (photo 10, coléoptères se nourrissant des chenilles au sol), passereaux et chauves souris qui consomment chenilles ou papillons, les chrysopes et hémérobes qui s'attaquent plus particulièrement aux oeufs et petites chenilles. Les hyménoptères parasitoïdes et mouches tachinaires se développeront au dépend des oeufs et chenilles (photo).

 

Bibliographie

Galet P (1982) Les maladies et parasites de la vigne. Tome II, les parasites animaux.

Champagne - Les mange-bourgeons à surveiller de près (2006) Réussir Vigne

ATV 49 (2017) Fiche Tech-Viti Mange-bourgeons


Classification : Animalia, Arthropoda, Insecta, Lepidoptera
Synonymes :
Dénomination anglaise :

Dernière modification : 29/06/2021
  • Auteur :
  • S Chamont (INRA)
mange-bourgeon-ADescamps
Figure 1
peribatodes-rhomboidaria-JB
Figure 2
spilosoma-lubricipeda1
Figure 3
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Figure 4
noctuidae
Figure 5
noctua-pronuba-chenille
Figure 6
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Figure 7
Th-ampellophaga3-PGros
Figure 8
risques-mangebourgeons
Figure 9
carabe
Figure 10
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Figure 11
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Figure 12