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Dacus ciliatus Loew

Mouche éthiopienne des cucurbitacées

 

 

 

 Généralités

 

  • Insecte appartenant à l'ordre des Diptères et à la famille des Tephritidae.
  • Originaire d'Afrique où il a une distribution très large sur tout le continent. Il est également présent en Asie Orientale (du Bangladesh au Pakistan) et dans toute la péninsule arabique. Sa présence dans l'océan Indien a été détectée dans un premier temps à l'île Maurice puis à La Réunion, Madagascar et aux Comores.
  • Espèce oligophage qui s'attaque uniquement aux plantes de la famille des Cucurbitacées.

  

  • Famille(s) botanique(s) sensible(s) 
Cucurbitacées*        

* cultivées : calebasse, chouchou, citrouille, concombre, courgette, margose, melon, pastèque, patole, pipangaille, melon ; non cultivées: calebasse-lierre, margose sauvage.

 

  • Zones de production affectées :
Mayotte Réunion Guyane Guadeloupe Martinique Nouvelle-Calédonie Polynésie-Française

 

  • Organes attaqués
Feuilles Fleurs Fruits Tige Vaisseaux Collet Racines

         


Symptômes, dégâts 

 

  • Symptômes :
    • Seules les femelles sont à l'origine des dégâts.
    • Grâce à leur ovipositeur, elles pondent leurs oeufs dans l'épiderme des fruits ce qui provoque l'apparition de zones de piqûres vert sombre à noirâtres qui se ramollissent et se creusent (figures 1 à 3, et 5). 
    • Les larves nombreuses issues des oeufs se développent rapidement à l'intérieur du fruit en mangeant la pulpe (figure 4).   
    • Pourriture et décomposition des fruits liées au développement de micro-organismes opportunistes les pénétrant via les orifices de ponte (piqûres). 

 

  • Signes : Présence de mouches femelles sur les fruits et dans la culture (figure 6 et 7) et de larves à l'intérieur des fruits (figures 4). Des oeufs sont parfois visibles au niveau des trous de ponte (figure 3).

 

  • Confusions possibles : Autres espèces de mouches des Cucurbitacées comme Bactrocera cucurbitae ou Dacus demmerezi.
 

Biologie

 

  • Cycle biologique : Il faut compter entre 28 et 15joursentrelestadeoeufetl'émergence des adultes sur des plages de températures allant de 35°C à 20°C.
    • Les oeufs blanchâtres, fusiformes reste en l'état de 15 à 28 jours. 
    • Les stades larvaires durent de 7 à 4 jours puis les larves quittent le fruit et tombent au sol à la suite une brusque détente. Elles s'enfoncent alors dans le sol pour passer au stade pupe.
    • La durée de la pupaison peut varier de 9,5 à 18 jours. Au delà des 35°C les pupes ne sont plus viables.
    • Les adultes (figures 6 et 7) se caractérise par une couleur brune orangée et la présence sur ses ailes d'une fine bande costale ponctuée par une tâche allongée à leur extrémité. Ils ont une taille qui varie entre 6 à 18 mm, les mâles sont plus petits que les femelles qui se distinguent par la présence d'une tarière apparente sur l'abdomen qui leur permet de pondre.
    • Une partie importante des populations d'adultes vie en dehors de la parcelle cultivée, sur des plantes refuges (comme le maïs) où elles vivent une part importante de leur vie. Seules les femelles se rendent sur la culture ou sur des plantes hôtes sauvages pour pondre en cours de journée, ce qui engendre une faible efficacité de la lutte phytosanitaire chimique. 
 

Protection

 

  • Désherber la culture et ses abords et éliminer les diverses plantes-hôtes réservoirs qui peuvent se trouver à proximité des parcelles de production.
  • Collecter et détruire régulièrement et impérativement les fruits piqués (enterrement, ensachage, brûlage, animaux, etc.) afin de réduire les populations de mouches. Cette mesure s'avère parfois suffisante à condition qu'elle soit également pratiquée par les agriculteurs du voisinage.
  • Utiliser un augmentorium (1) avec filet à la taille des mailles optimisée pour confiner les mouches tout en laissant sortir les insectes parasitoïdes associés.
  • Installer des toiles insect-proof aux ouvertures des abris. En plein champ, utiliser des tunnels de confinement couvert de filet. Sous fortes chaleurs, il est préférable d'employer des mailles de filet plus larges qui permettront une meilleure aération, mais laisseront passer d'autres ravageurs et également des auxiliaires. Dans ce cas là, assurer une pollenisation manuellement (courgette) ou ouvrir les tunnels quelques heures en début de matinée pour permettre l'entrée des abeilles, puis fermer ensuite l'abri (courgette et autres Cucurbitacées).
  • Favoriser les ennemis naturels en culture de plein champ ou sous les abris ouverts (2). 
  • Installer des pièges à phéromones à l'extérieur de l'abri. (3)
  • Lorsque la réglementation le permet, les attractifs de type "attirer et tuer" permettent de réduire les populations de mouches lorsqu'ils sont pulvérisés sur des plantes refuges (maïs) plantées en bordure de parcelle (méthode GAMOUR à La Réunion).
  • Le piégeage de masse à base d'attractif alimentaire et d'insecticide n'est pour l'instant pas au point pour les mouches des Cucurbitacées.
  • La protection chimique (site e-phy) sur la culture n'est pas efficace compte-tenu du fait qu'une grande partie des populations de mouches vit en dehors de la parcelle traitée.

 

(1) Structure ressemblant à une tente fermée dans laquelle on dépose régulièrement les fruits infestés ramassés au champ. L'augmentorium empêche ainsi la ré-infestation de l'agroécosystème par une nouvelle génération d'adultes de mouches qui émergent dans l'augmentorium, alors qu'un filet à la maille adaptée, placé sur le toit de l'augmentorium, permet de relâcher dans la nature les parasitoïdes des mouches.

(2) Certains auxiliaires naturels peuvent contribuer à limiter les populations de mouches. Pour favoriser leur présence il est nécessaire de maintenir des habitats favorables composés de plantes refuges à l'intérieur et à l'extérieur des parcelles cultivées. Par ailleurs il faut raisonner au maximum les traitements insecticides pour limiter leur impact négatif sur les auxiliaires.

(3) Il existe des phéromones pour capturer grâce à des pièges (type McPhail) les mâles de certaines espèces de mouches des Cucurbitacées nuisibles (Cue-Lure® efficace sur Bactrocera  cucurbitae et Dacus demmerezi) pour suivre les populations. Cependant, il n'existe pas à l'heure actuelle de phéromone attractive connue pour piéger les mâles de Dacus ciliatus.

Dernière modification : 10/03/2020
  • Auteur :
  • T Chesneau (LPA Mayotte)
Dciliatus-Concombre2
Figure 1
Dciliatus-Melon1
Figure 2
Dciliatus-Courgette3
Figure 3
Dciliatus-Courgette3
Figure 4
Dciliatus-Pastèque2
Figure 5
Dciliatus-Courgette1
Figure 6
Dciliatus-Concombre2
Figure 7