Aphis (Aphis) fabae Scopoli 1763
Puceron noir de la fève
 
- class. : Animalia, Arthropoda, Insecta, Hemiptera, Aphididae
- syn. : Doralis fabae
- dénominations européennes : black bean aphid, bean aphid, beet leaf aphid (GB) ; Schwarze Bohnenblattlaus, Schwarze Rübenblattlaus (D) ; pulgon negro de las habas y judias (E) ; afide nero delle leguminose e della barbabietola (I) ; piolho negro da fava (P).

Caractéristiques du ravageur et de ses dégâts


Description du ravageur :

L'adulte aptère présente un corps trapu, d'environ 2 mm de long, noir mat à verdâtre foncé (figure 1 et 2). Les ailés sont plus allongés, la tête et le thorax sont noir brillant. Les antennes ne dépassent pas les 2/3 de la longueur du corps. Les femelles ovipares ont des tibias postérieurs renflés caractéristiques.

Les larves sont de couleur noire à brun-noirâtre ou vert-noirâtre, avec, souvent, des taches de cire blanche bien visibles.

Les dégâts sur les cultures :

Sur la betterave, les feuilles se boursouflent, s'enroulent et cessent de se développer (figure 2). Les racines se développent mal et la teneur en sucre est diminuée. Les pucerons envahissent aussi les inflorescences des porte-graines et nuisent à la formation des semences (figure 3). La production de miellat favorise le développement de la fumagine.

Sur les autres plantes, le puceron envahit tous les organes mais ne déforme pas les feuilles. La croissance de la plante est altérée (réduction de la vigueur), les fleurs avortent sous l'effet de la toxicité de la salive.

De plus, un certain nombre de maladies virales sont transmises par A. fabae.

Biologie du ravageur

Les plantes hôtes :

Ce puceron est l'une des espèces les plus polyphages qui soient. Il peut évoluer sur plus de 200 plantes parmi lesquelles la betterave, la fève, la féverole, le haricot, la pomme de terre, la carotte, l'artichaut, le tabac, ainsi que certaines cultures florales et ornementales.
 
Cycle de développement :

Les oeufs d'hiver sont déposés à l'automne sur l'écorce du fusain d'Europe (Euonymus europea), de la boule de neige (Viburnum opulus), ou du seringat (Philadelphus sp.). Dès mars, les fondatrices donnent naissance à des aptères dont la descendance comprend une proportion croissante d'individus ailés. A partir de mai, les virginipares ailées colonisent de très nombreuses plantes-hôtes secondaires et déposent des larves aptères à la face inférieure des feuilles ou à l'extrémité des tiges. Les colonies s'accroissent rapidement jusqu'à mi-juin puis diminuent progressivement à la suite de l'action de parasites et de prédateurs. A l'automne, apparaissent des sexupares ailés qui regagnent l'hôte primaire ; la fécondation et la ponte interviennent courant octobre.

Plusieurs générations se succèdent sur le fusain avant que les ailés émigrent vers les plantes-hôtes secondaires (figure 5). Le froid retarde l'émigration et peut expliquer des absences d'infestation. Dans le mois qui suit l'infestation initiale de l'hôte secondaire, la multiplication des pucerons est intense. La pullulation dure 6 semaines environ.

Dans les régions à climat doux, les virginipares aptères peuvent hiverner, ce qui permet à l'espèce de subsister sans le secours de la génération sexuée. D'autre part, la migration est facultative car ces colonies subsistent sur le fusain pendant toute l'année.
Dernière modification : 23/02/2026
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