Ceutorhynchus obstrictus (Marsham 1802)*
Charançon des siliques de colza




- class : Animalia, Arthropoda, Insecta, Coleoptera, Curculionidae

- syn. scientifique : Ceutorhynchus assimilis (Fabricius), Ceutorhynchus assimilis (Paykull sensu auct.), Ceutorhynchus brassicae (Focillon), Ceutorhynchus floralis (Olivier), Ceutorhynchus floriger (Fourcroy)

- syn. nom français : charançon des siliques

- dénominations européennes : cabbage seed weevil, cabbage seedpod weevil (GB) ; Kohlschotenrüssler, Rapsrüssler  (D) ; gorgojo de las silicuas de la colza (E) ; punteruolo delle silique delle crucifere (I) ; gorgulho das síliquas da colza (P)

 

* Note importante : pendant près de deux siècles, une confusion taxonomique a été entretenue par les systématiciens et les agronomes autour des charançons Ceutorhynchus assimilis (Paykull, 1792) et Ceutorhynchus pleurostigma (Marsham, 1802) jusqu'à ce qu'en 1993, le spécialiste italien Enzo Colonnelli étudie et compare les spécimens types ayant servi à la description de ces deux espèces. Il conclut que Ceutorhynchus obstrictus (Marsham, 1802) est le nouveau nom scientifique du charançon des siliques et que Ceutorhynchus assimilis (Paykull) doit désormais faire référence au charançon gallicole du chou, connu auparavant sous le nom de Ceutorhynchus pleurostigma (Marsham).

---> identification en ligne des adultes sur COLEOTOOL


Caractéristiques du ravageur et de ses dégâts


Description du ravageur :

L'adulte mesure entre 2 et 3 mm long. Le corps est noir (figure 1) et les élytres sont recouverts de squamules blanchâtres, formant 2 rangées de squamules par interstries. Les antennes et les tarses sont noirs. Comme les autres espèces du genre CeutorhynchusC. obstrictus possède des paquets de squamules jaunâtres dans l'angle thoraco-élytral, bien visible du dessus.

 Attention C. obstrictus peut facilement être confondu avec deux espèces très proches, il faut donc être vigilent sur les caractères suivants : chez C. obstrictus le nombre d'articles au funicule antennaire est de 7 alors que C. typhae n'en possède que 6. De même, C. gallorhenanus se distingue de C. obstrictus par la présence de squamules plus larges sur les élytres et ovales le long de la suture élytrale, qui recouvrent davantage le tégument. Ces espèces peuvent être séparées à l'aide de l'outil d'identification en ligne COLEOTOOLC. typhae et C. gallorhenanus ne sont pas des espèces nuisibles des cultures et sont rarement rencontrées sur colza. 

La larve de dernier stade mesure entre 4,5 et 5,3 mm de long. Elle est apode, blanche et possède une capsule céphalique jaunâtre.

Les dégâts sur les cultures :

Les morsures de l'adulte sur boutons puis sur siliques ressemblent à des piqûres. Les morsures alimentaires et les piqûres de ponte sur les boutons (figure 2) et siliques (figure 3) de colza sont sans incidence sur le rendement, la plante les compensant entièrement. De plus, la plante peut compenser les dégâts sur graines jusqu'à 20% de siliques attaqués. En année humide, ce charançon peut attaquer jusqu'à 60 à 70 % des siliques, entraînant une perte de 30% du rendement (favorisant la germination des graines dans les siliques et le développement de maladies cryptogamiques).

En outre, les morsures et les piqûres de ponte permettent aux Cecidomyiidae, en particulier à la cécidomyie des siliques des crucifères (Dasineura napi), de déposer leurs oeufs en très grande quantité et de causer des ravages supplémentaires. L'activité larvaire des Cecidomyiidae entraîne l'éclatement des siliques et les pertes peuvent alors atteindre 50% de la récolte.


 Biologie du ravageur


Les plantes hôtes :

Le colza et diverses brassicacées sauvages comme la ravenelle (Raphanus raphanistrum), et la moutarde sauvage (Sinapis arvensis) constituent les plantes hôtes de C. obstrictus.

Cycle de développement :

 Il y a une génération par an. Les adultes apparaissent en juillet et, après une courte période d'alimentation sur les crucifères spontanées, gagnent leurs abris d'hiver au cours du mois d'août et entrent en diapause. Après une période de diapause hivernale, la reprise d'activité des adultes intervient fin-avril, début-mai, lorsque la température dépasse 15°C. Les adultes envahissent les cultures de colza en s'attaquant d'abord aux plantes de la lisière puis en progressant à l'intérieur du champ.

Les femelles pondent au cours du mois de mai et les larves se développent dans les siliques en juin. La ponte commence 15 à 20 jours après la sortie des adultes (figure 1) et se poursuit jusqu'au stade "siliques bosselées" avec graines en formation. La fécondité est de 50 oeufs environ et ceux-ci sont introduits à raison de 1 à 3 par silique (figure 2).

L'évolution embryonnaire dure 10 à 12 jours. La larve ronge l'épiderme des jeunes graines puis en dévore l'intérieur ; parvenue au terme de son développement (22 à 26 jours), elle perce un trou dans la silique et se laisse tomber sur le sol et se nymphose.
 
Ennemis naturels :
 
C. obstrictus est connu pour héberger un large panel de parasitoïdes. Ceux-ci sont principalement des ectoparasites larvaires, parmi lesquels Trichomalus perfectusStenomalina gracilis et Mesopobolus morys (Pteromalidae) sont les plus représentés. Les adultes sont aussi parasités par Microctonus melanopus, braconide généraliste.
Dernière modification : 16/02/2026
  • Auteurs :
  • E Pierre (INRA)
  • M Ollivier (Montpellier SupAgro, Projet ColeoTool)
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Figure 1
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Figure 2
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Figure 3
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Figure 4
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Figure 5