Risques et bons gestes

 

 

  • Symptômes et dégâts aux cultures

 

H. halys cause des dégâts aux plantes en insérant ses stylets dans les organes reproducteurs qui sont le plus souvent la partie de la plante qui présente le plus d’intérêt économique. L’insecte en se nourrissant peut causer des marques et des déformations sur les semences et les fruits, notamment de type gousse, avec des zones spongieuses blanchâtres à la surface des fruits, ou des dommages internes des tissus visibles sous forme de décolorations externes ou de taches de la chair. En plus des pertes de qualité des fruits commercialisés, les piqûres peuvent entraîner des baisses de rendements suite à l’avortement des bourgeons floraux ou à la chute des jeunes fruits. Chez les fruits à coque comme les noisettes, les piqûres accroissent le nombre de fruits vides.(fig 1 à 6).


En Amérique du Nord, un très grand nombre de cultures d’importance agronomique est impacté. Il s’agit d’un ravageur présent pendant toute la saison de culture des arbres fruitiers, particulièrement des pêchers, nectariniers, pommiers, et poiriers asiatiques. La Punaise diabolique est capable de causer des pertes économiques importantes et quelques producteurs ont enregistré des pertes quasi totales de leur récolte. En réponse, des insecticides à large spectre (essentiellement des pyréthrinoïdes) ont été utilisés, ce qui a perturbé les programmes de protection intégrée et causé des pullulations de ravageurs secondaires, notamment d’acariens, pucerons et cochenilles. Dans certains cas, le nombre de traitements a été multiplié par quatre (Leskey et al., 2012).

 

Comme c’est le cas pour beaucoup de Pentatomidae, des populations assez faibles pour ne pas être remarquées sont suffisantes pour causer des pertes de 25 % de récoltes. Sur vigne, il a été montré que la Punaise diabolique pouvait affecter la qualité du vin lorsqu’elle se nourrit sur les grappes de raisins au moment de la récolte. Elle peut également causer des dégâts sur une large gamme de légumes avec des pertes pouvant excéder 50 % de rendement. Des grandes cultures telles que le maïs ou le soja sont également colonisées.

 

Actuellement aux USA, la Punaise diabolique cause des dégâts importants aux cultures dans les États situés autour du point d’introduction (Pennsylvanie, New Jersey, Delaware, Maryland, District de Columbia, Virginie et West Virginia alors que ce n’était pas le cas avant 2010. Le nombre d’États où des dégâts sont signalés augmente d’année en année. Le site Stop BMSB (http://www.stopbmsb.org/where-is-bmsb/) donne une carte actualisée des dégâts agronomiques et des nuisances observées. Dans l’ouest des USA, les premiers dégâts ont été observés dans l’Oregon et l’État de Washington.

 

En Europe, des pertes économiques ont seulement été observées sur piment dans l’Aargau en 2012 (Sauer, 2012). En 2013, aucun dégât sur grandes cultures ou en vergers de production n’a été signalé. Actuellement aucune mesure de lutte n’est appliquée vis-à-vis de cet organisme. Entre 2012 et 2013, des dommages sur des arbres portant des fruits dans des jardins privés ont été fréquemment signalés.
L’impact économique est donc très différent entre les USA où il est considérable sur les cultures et d’autant plus important que l’insecte a été introduit il y a longtemps et la Suisse où pour le moment les dégâts sont négligeables mais l’introduction beaucoup plus récente.
Une analyse du risque réalisée par l’Anses (2014) conclue à un risque économique potentiel important.

 

  • Risque pour l’homme


En plus, des pertes de récoltes et de qualités causées aux productions agricoles, la Punaise diabolique est surtout connue du grand public pour les nuisances domestiques que causent les adultes lorsqu’ils envahissent les habitations à l’automne lors de leur recherche d’endroits abrités pour l’hivernation. Les agrégations sont parfois très importantes. Inkley (2012) rapporte qu’un particulier a collecté 26 205 adultes dans sa maison de janvier à juin 2011 en milieu rural dans le Maryland.(fig 7-8).


À ce jour, la situation en Europe a été moins sévère qu’en Amérique du Nord mais l’introduction est plus récente. En Suisse, entre 2007 et 2010, les particuliers ont rapporté que les populations H. halys augmentaient exponentiellement et des propriétaires d’hôtels se sont plaints d’invasion en masse d’adultes.

En général ces infestations sont impressionnantes mais toutefois sans impact ni sur la santé humaine, ni sur celle des animaux et sans conséquence non plus sur les biens et les bâtiments. L’impact est surtout psychologique. L’odeur particulière qu’émet cette punaise lorsqu’elle est en danger est également une nuisance.

Mertz et al. (2012) ont montré que la Punaise diabolique était capable d’induire une sensibilisation allergique avec des effets cliniques significatifs : rhinites et conjonctivites. Toutefois les cas demeurent anecdotiques pour le moment au regard de l’ampleur des infestations aux USA.

 

  • Risque pour l’environnement

 

À ce jour aucun risque environnemental n’a été signalé. Toutefois les impacts des espèces invasives sur l’environnement sont difficiles à détecter et concernant la Punaise diabolique très peu d’études ont été menées actuellement dans ce domaine.
Des études récentes en Europe (Haye com. pers.) et aux USA (Abram et al., 2013) ont montré que les parasitoïdes indigènes, notamment d’œufs de punaises Pentatomides, pondaient dans les œufs de la Punaise diabolique mais n’étaient pas capables d'y achever leur développemebt. Si ces observations se confirment dans la nature il est à craindre une modification des équilibres naturels entre les punaises Pentatomides autochtones et leurs parasitoïdes.

Dernière modification : 22/09/2014
  • Auteur :
  • J Streito (INRA)
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